Récit de François St-Pierre
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INTRODUCTION
Ce voyage a eu lieu en juin 1999. Nous étions 3, Moi, Éric et Martine.
Pour ma part, ce voyage était un rêve que je caressais depuis longtemps. Vous allez me dire: mais ce rêve est accessible. Dans la vie, il faut avoir des rêves à court terme et des rêves à long terme. Celui-ci est un rêve à court terme.
Les Monts Groulx représentent pour moi un cheminement dans le monde de la randonnée. À cette époque, je faisais des randonnées d'une journée et des randonnées de deux jours. Étant une personne qui voit extrêmement grand, pour moi, une randonnée de simplement deux jours ne suffisait plus. J'avais besoin de plus. Les Monts Groulx représentaient une occasion idéale d'aller plus loin.
Ce petit lot de montagnes situé entre Manic V et Fermont est le portrait de la faune du nord du Québec. On n'y rencontre pas une forêt dense, dans les hauts plateaux, on y voit plutôt des grandes étendues de verdure avec des "touffes" d'arbres ici et là.
De Trois-Rivières, on compte environs 12 heures pour s'y rendre. De Baie-Comeau, on prend la route 389 qui nous mène vers Manic V. Il est à noter que le long de la route, on rencontre 2 ou 3 postes d'essence. Au Km 312, on rencontre le Relais Gabriel. Des fois à en entendre parler, on s'attend à rencontrer un centre commercial, mais c'est un endroit où on peut manger et faire le plein d'essence. Pour notre voyage, nous avons pris deux voitures. Nous en laissons une à la fin du sentier et l'une au début, ceci nous permettra de faire une marche linéaire et non une boucle. On rencontre deux camps pour se coucher avant de partir pour le grand tour. Le camp Nomade ( qui comporte deux bâtiments) et le camp Jauffret qui est un camp privé. Donc le début de la traversée et la fin de celle-ci sont balisés. Entre ces deux bouts de chemin vous aurez à vous orienter soit à la boussole ou au GPS. Le chemin à suivre est simple et il est facile de s'orienter. De nombreux lacs vous permettent de vous abreuver tout au long du parcours.
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JOUR 1
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Une nuit courte, il ne s'en fait pas dire!!! Nous partons de Trois-Rivières à 4hOO du matin pour arriver au camp Nomade à 16h00. Une longue route mais on est bien énervé et ça sent les vacances. Tout au long de la 389, on passe les barrages Manicouagan.
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JOUR 2
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Levé assez matinal. On a hâte de partir mais on a encore un peu de fatigue du voyage en auto.
On prépare tout nos bagages et on décide même de laisser quelques petites choses à l'auto pour alléger nos sacs. Malgré la température plutôt maussade, on part pour la grande aventure en espérant voir le beau temps apparaître.
Pour notre première journée, nous avons fait 12km. Nous avons donc passé par le lac Castor. C'est magnifique, on sent que l'on est en région sauvage lorsque les oiseaux viennent manger dans nos mains. Nous avons donc terminé par le lac Quintin, l'endroit est magnifique. On voit déjà, lorsqu'il n'y a pas de brume, les taches de neige dans les montagnes, le décor est féérique.
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JOUR 3
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En se levant ce matin, on c'est dit que l'on était choyé par la température. Malgré que le soleil soit un peu absent, au moins il ne pleut pas. Aujourd'hui, c'est notre première journée en orientation en forêt. C'est donc aujourd'hui que l'on sort le GPS et la boussole. Tout semble si simple, on a juste à s'inventer un sentier. J'avoue que je ne me sens pas tout à fait en sécurité mais quand même, on commence. Avant de partir, nous avions entré les coordonnées cartésiennes dans le GPS, le trajet avait été divisé en 12 points (way points). Lorsque nous avions entré ces données, nous avions oublié un zéro (34000 au lieu de 3400) ainsi, tous nos points se dirigeaient vers la même direction. Quand nous nous sommes rendu compte de cela, nous étions rendu dans la mauvaise direction et le lac que nous avions comme point de repère c'est avéré le mauvais. Après une pause dîner, nous avons donc décidé de comprendre ce qui n'allait pas. Nous avons donc trouvé la réponse et changé les "way points" dans le GPS. Le résultat avait l'air d'un arbre de noël où toutes les lumières fonctionnent. Malgré que nous nous sommes rallongé, nous n'avons tout de même pas trop perdu de temps et nous avons couché au Lac Magique, un endroit magnifique.
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JOUR 4
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On dirait que la chance nous sourie, une autre belle journée s'offre à nous. Aujourd'hui, c'est la journée du plus haut sommet des Groulx, le Mont Veyrier (3623pi).
La montée vers le Mont Veyrier se fait très bien. Le sommet offre une belle vue de 360 degrés, le plateau est grand et on y trouve même de beaux points d'eau. Depuis deux jours que nous nous promenons sans aucun sentier, je n'ose pas parler mais j'ai l'impression que l'on en suit un. On dirait qu'une personne a essayé de faire un chemin avec des sécateurs car il y a plein de branches coupées. En marchant, vous savez, on a qu'une chose à penser et j'avoue que c'est à cela que j'ai pensé. Ma conclusion a été que c'est probablement des traces de rongeurs. Il y en a en maudit vu le nombre de branches mangées.
Arrivé au troisième camping, nous avion accumulé pas mal de fatigue. La journée c'est bien déroulé malgré le nombre de kilomètre marché. Le plus beau site de camping du voyage fut celui du quatrième soir. Nous étions perché sur le haut d'une colline. Au bas de celle-ci, il y avait un lac. Des petits arbustes eu peu partout pour nous permettre de faire nos besoins et un point de vue saisissant sur la région où nous étions. On aurait cru un coin de paradis!
Depuis le début du voyage, j'espère voir des étoiles. Le soir, il est impossible de faire un feu de camp à la belle étoile car le soleil se couche que vers les 22h30. Je dois vous dire que rendu à 20h00, on dors à poingts fermés. Alors moi et Éric essayons de veiller tard un peu, on joue aux cartes, c'est très rigolo mais le soleil ne se couche pas. Encore une fois, je ne verrai pas les étoiles.
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JOUR 5
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Une autre journée sous le soleil! Je viens de me rendre compte que je suis brûlé par le soleil. J'ai un de ces coups de soleil dans le cou ainsi que sur les mains. De plus, je fais des réactions bizarres au soleil, je suis tout plaqué dans la figure et ça CHAUFFE, un vrai mal d'homme. Alors on s'habille de tel sorte que pas un bout de peau ne se laisse cuire au soleil. J'ai l'air d'un gars qui sort du désert.
On commence donc la journée en se dirigeant vers la tour à feu, deuxième but du voyage (le premier est le Mont Veyrier). Rapidement, on perd Éric qui a vraiment hâte d'arriver à la tour à feu, il a un peu son voyage on dirait. La montée se fait quand même bien mais ce qui la rend un peu difficile, c'est qu'elle monte doucement sur plusieurs kilomètres. Lorsqu'on crois atteindre le plateau de la tour à feu, on se rend compte qu'il y en a un autre. À plusieurs reprises, on se fait prendre par ces faux plateaux. Mais on arrive finalement à cette ancienne tour à feu qui, jadis, hébergeait un gardien qui signalait tout signe d'incendie. Ce service est aujourd'hui remplacé par des avions ou des hélicoptères qui sillonnent la région comme partout au Québec.
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JOUR 6
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Notre dernière journée dans les Groulx. On a vraiment été chanceux, il a fait beau tout au long de la semaine.
Ce matin, après avoir ramassé nos petits, on se dirige vers le Mont Jauffret. On a tous hâte de manger du St-Hubert et on se demande si on ne couchera pas à l'hôtel ou si on ne couchera pas à un camping sur le bord du fleuve. On a toute la journée pour y penser.
Rendu au sommet du mont Jauffret, on a une vue splendide sur le réservoir manicouagan. On voit la grande route déjà, dure retour à la civilisation. Mais le coup d'oeil en vaut la peine.
Des amas de roches appelé Inukshuk (ou Cairn) longent le sentier. Nous avons fait une grande flèche pour montrer la direction du sentier qui nous mènera à l'auto et à la route 389, c'est la première pancarte du voyage.
Enfin, nous arrivons à la route! Quelle joie finalement. Go go go, direction le camp nomade pour une pause. Ensuite, on se dirige vers Baie-Comeau pour aller manger du St-Hubert. Malgré que l'on soit changé, on pu en maudit. Mais le St-Hubert est tellement bon. J'appelle chez moi pour dire qu'on est sortie de la forêt verte et, finalement, on décide de descendre ça d'une frappe vers Trois-Rivières. Le retour se fait à merveille.
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