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Récit de Fabienne et Matthieu (France)

Jour 1

Nous sommes donc partis le trois janvier, par Lyon, pour se rendre à Buenos Aires. Nous avons transité par l'Italie puisque nous voyagions sur Alitalia. Nous avons donc été dans les premiers européens à pouvoir payer en euros notre sandwich! C'est cool et je dois dire que la serveuse italienne avait l'air aussi paumée que la serveuse française de base...




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Jour 2

Bref, après 12h de vol depuis Rome (on avait déjà attendu à Milan pour la correspondance), nous voilà à Buenos Aires où on s'aperçoit qu'il nous manque un sac! Les boules, c'est celui qui contient les coques plastiques, les crampons, les gourdes et les bâtons de marche qu'on m'avait prêtés!! Bref, après une déclaration aux bagages perdus, Matthieu tire une gueule de trois mètres de long, moi, je m'en fous; ça m'arrange même puisque ça fait ça de moins à porter dans la ville et je suis sûre et certaine qu'on va le retrouver, ce sac. En ville, on part se balader dans une rue piétonne qui nous mène à la Place de Mai, devant le palais rose du gouvernement. On voit quelques vitrines brisées mais rien de pire, pas d'émeutes, pas de morts, bref, tout est calme. Dans l'après-midi, c'est le déluge à tel point que l'on est obligé de s'acheter un parapluie!




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Jour 3

Le lendemain, on se rend à l'aéroport national pour se rendre à Mendoza, d'où on téléphone à l'aéroport international pour prendre des nouvelles de notre sac; on devrait le récupérer demain à Mendoza. Ouf! Fin de soirée à se balader dans Mendoza et à repérer les endroits importants (parc San Martin et bureau où prendre le permis, l’office du tourisme...).




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Jour 4

On décide d'aller acheter le permis même sans avoir le sac parce que je reste toujours persuadée qu'on va le retrouver sans problème. On avait quand même repéré un magasin de sport qui vendrait des coques plastiques au cas où. Devant le bureau des permis, une jeune fille argentine nous demande si on peut payer nos permis avec ses pesos et lui donner nos dollars en échange. Elle nous confie donc 400 pesos ( 2800frs!). En fait, pour ceux qui n'ont pas suivi, la dévaluation menaçait et elle s'assurait ainsi de garder des dollars qui sont une valeur sûre à la place des pesos qui allaient perdre toute leur valeur et ce, sans passer par une banque qui lui aurait pris une commission pour acheter des dollars. Malin, non? Bref, après les permis, direction l'aéroport pour chercher le fameux sac; de loin on ne l'a pas aperçu et là, je dois dire que j'ai eu un réel moment de panique, pourtant il restait un sac sur le tourniquet, j'ai demandé au policier pour rentrer le chercher et, en m'approchant, j'ai vu que c'était bien le nôtre, qu'ils avaient emballé dans un film plastique de sécurité. VICTOIRE! L'Aconcagua s'offre à nous! Après être repassé par l'hôtel, j'insiste pour que nous allions à carrefour finir nos courses; prendre le bus n'est pas une mince affaire et la chaleur étouffante nous rend complètement amorphe. À carrefour, nous sommes très surpris car nous ne retrouvons pas nos repères: pas de mars, nuts, bounty ou autres mais des nougats, gaufres et biscuits inconnus; j'ai un peu peur des goûts car je suis très difficile. Pas de lait concentré non plus, ni de tang pour mettre dans les gourdes, tant pis on se débrouillera sans. Le soir, on va dans un cybercafé pour envoyer un mail à la France; demain on part pour Los Puquios à 9h.




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Jour 5

Départ donc pour Los Puquios en minibus; je tire une tronche de trois mètres de long car l'aventure commence vraiment maintenant, plus question de faire demi tour et l'inconnu m'effraie. Je suis à moitié malade dans le minibus d'autant qu'un Islandais, Harold et un américain, Bob, n'arrêtent pas de discuter entre eux de leurs exploits et de leur technique d'approche. On apprend ainsi qu'Harold est sponsorisé par des banques islandaises pour faire les sept plus haut sommets du globe; il ne lui reste que l'Aconcagua et l'Everest à faire, il arrive d'Australie. Bob, quant à lui, raconte sans arrêt qu'il y a 10 ans il a gravi le mont McKinley (le plus haut sommet d'Amérique du nord). Bref, tout ça ne fait qu'augmenter mon angoisse d'autant qu'ils ont 20 jours de nourriture alors que nous n'en avions prévu que 10!!! Heureusement, après 2h de route le chauffeur s'arrête dans un village à 1800m d'altitude; je prends l'air et je me dis que c'est l'altitude de Courchevel donc que ce n'est pas si terrible! Après, ça va beaucoup mieux. Nous arrivons à Los Puquios, le camping de notre muletier. On se met d'accord pour les mules et on convient de partir demain à 9h pour le départ de la randonnée. Après avoir préparés les sacs pour les mules et montée la tente, on part se balader à Puente del Inca à 1,5 km du camping; c'est un pont créé par le dépôt de sels minéraux qu'une rivière transporte. C'est superbe! On fait les touristes. Bob qui était venu avec nous est parti se balader pour voir s'il s'acclimatait bien, nous on préfère buller dans la tente. Le soir, on invite Bob à partager nos pâtes glumy (gluantes) et il nous fait goûter de son saumon (pêché et cuisiné par lui parce qu'il habite en Alaska, à Anchorage!). C'est DÉLICIEUX!!! Maintenant, on surnomme Bob le "père noël" puisqu'on lui explique que les Français mangent surtout le saumon à noël!!! Harold quand à lui est déjà parti pour Confluencia à 3300m car son père l'attend déjà au camp de base depuis une semaine, il monte vite!




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Jour 6

Mario vient nous chercher comme convenu à 9h, on part avec Bob. Après quelques kilomètres, on aperçoit au détour d'un virage une montagne vraiment haute et toute blanche au fin fond d'une vallée et Mario nous confirme qu'il s'agit bien de l'Aconcagua! Premier contact donc, impressionnant! Mario nous dit au revoir et "please come back". Ça m'a un peu foutu les boules. Pourquoi voudrait-il qu'on ne revienne pas? On arrive à l'entrée du parc (2800m) où on doit montrer nos permis aux gardes, ils notent notre nom avec un numéro et un sac plastique pour que l'on redescende nos ordures sous peine d'amende. Ça y est, on fait les premiers pas dans le parc. À l'entrée, la vue est magnifique sur l'Aconcagua et il y a un petit lac que l'on a vu qu'à la descente! Photo donc!

L'Aconcagua

On met quatre heures pour monter à Confluencia à 3300m, c'est lent mais nous ne voulions pas aller trop vite. De plus, Bob était vraiment très chargé (25kg au moins) et il demandait souvent à s'arrêter. Il est fou, il a emmener des choses complètement inutiles et très lourdes du style une petite brosse pour balayer sa tente ou bien une lampe de poche torche ou encore un filtre à eau! Matthieu lui a trouvé un nouveau surnom: inspecteur gadget! À Confluencia, je suis très surprise; en fait, il y a des emplacements pour les tentes, les gardes sont là et il y a des tentes restaurants. Le garde nous explique qu'il faut faire "pipi et caca" dans le chiot réservé à cet effet ( trou creusé dans la terre avec une petite tente dessus). L'eau sort par un tuyau et elle est potable. Il fait très beau et on se protège avec de l'écran 60, allergie au soleil! Bob n'a qu'un tout petit pot de crème solaire qu'il a déjà presque fini! On lui en donne de la nôtre. Le soir, j'arrive à convaincre Matthieu de rester une journée de plus dans ce camp et d'en profiter pour aller voir la face sud. Harold a fait ça aujourd'hui et il dit que c'est beau. Il a toujours un jour d'avance sur nous! Le repas du soir était très bien puisque Mario avait prévu un repas pantagruelique (monté par la mule). Comme il est seul, Bob parle à tout le monde, il va bientôt finir par connaître tout le camp! Il rencontre un guide argentin et ses clients, qu'il nous présente: Julio alias "capitaine maté" (le maté est une infusion d'herbes) car il en boit beaucoup!


En route vers l'Aconcagua


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Jour 7

Aujourd'hui, nous allons donc voir la face sud. La montée est belle et nous prenons plein de photos. Il fait vraiment très beau! On part avec Bob et on retrouve Julio et ses clients en route. Vers midi, j'ai eu tellement faim que j'ai accéléré le pas pour arriver à un endroit pour manger. Après, on est monté de 15m pour dire de passer la barre des 4000m; c'est la quatrième fois que je monte aussi haut! En redescendant, je sens que j'ai mal à la tête et, effectivement, le soir je suis un peu nauséeuse et dès que je force un peu je sens des pulsations douloureuses dans ma tête. Ça promet! Quand je dis ça à Julio, il me répond que je ne serais plus malade après, je n'y crois pas trop! Enfin, avec deux doliprane je réussi à dormir.


En route

Toujours en route

Vue de la face sud

La face sud de l'Aconcagua



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Jour 8

Cette journée est la plus long du trek, estimée à 8heures de marche. Il faut rejoindre le camps de base de Plaza des Mulas à 4300m ,c'est-à-dire 1000m plus haut. On part tôt, mais Bob veut attendre la mule pour lui donner son sac. Il part donc après nous. Au début, ça monte un peu et très rapidement on arrive dans une immense vallée toute plate à 3600m.

En route vers le camp de base

Il faut traverser une rivière; Matthieu essaie de sauter mais trop court! Il trempe complètement sa chaussure gauche, moi je décide de me déchausser, c'est plus long mais au moins ma chaussure reste sèche!

Traversée de la rivière

La plaine est très longue, quand y en n'a plus, y en a encore!

Toujours en route

Toujours en route

On traverse la rivière quatre fois dont une fois avec beaucoup de courant et une eau de fonte très froide! À la fin de la plaine, on s'arrête pour manger et on aperçoit un glacier très loin au fond, on ne le sais pas encore mais c'est là qu'il faut aller. On essaie de monter doucement et c'est moi qui donne le rythme, il ne faut pas que je sente que ma tête pulse au rythme de mon coeur. Sur la fin, ça monte vraiment raide et mon sac à dos me tire sur les épaules. On fini quand même par arriver au camp de Plaza des Mulas après 8heures d'effort. On va se faire enregistrer chez les gardes et quand on va à la tente de notre muletier pour récupérer nos sacs, on tombe sur Bob! Comme il ne portait plus que son eau, il n'a mis que 6h pour monter! On a dû se louper dans la plaine! On installe notre tente et on prend deux dolipranes chacun pour dormir. Matthieu à mal à la tête, moi j'ai mal partout!




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Jour 9

Journée de repos, Matthieu ne veut pas bouger de la tente quand à moi je voudrais aller faire un tour au refuge tout proche. On décide d'aller faire un tour avec Bob à la tente médicale. Là-bas, on peut faire des contrôles de pouls, tension et saturation en oxygène dans le sang. Il y a un médecin et une infirmière en permanence, ça rassure. En plus, ils sont bien équipés. On a vu aussi un hélicoptère qui peut atterrir au camp de base. Dans la tente médicale, je m'assied et je me soumet en premier au contrôle. Harold nous a dit qu'il avait 85% de saturation en oxygène ce qui est très bien pour faire le sommet. Angoisse! Combien vais-je avoir? Mon coeur bat la chamade! La tension : 12/7, c'est bon! Ouf! Le pouls : 113/min., c'est trop rapide. La saturation : 85%! Ouf! Je suis soulagée! Viens le tour de Matthieu qui a la même tension que moi mais son coeur bat à 80/min., et sa saturation est elle aussi à 85%! Ouf! Nous sommes bien pour faire le sommet! Bob, quand à lui, affiche une saturation extrêmement basse de 77%! C'est très mauvais et ça contre indique théoriquement l'ascension! On décide quand même de faire un petit tour au refuge à 20 minute de là. J'accompagne Bob qui marche très doucement et qui s'arrête souvent à cause de son résultat! Au refuge, c'est chouette, il y a deux cabines téléphoniques et plein de tee-shirts pendus au plafond et dédicacés par les chanceux qui ont réussi le sommet; ça fait rêver! Dans la salle hors sac, on retrouve Julio et ses clients entrain de boire... du maté! En discutant, on fait la connaissance de John (sud africain) et Nicolas (suisse parlant français). J'ai très envie de téléphoner en France pour dire que tout va bien car je sais que beaucoup de monde s'inquiète pour nous. Comme il y a 4 heures de différence, j'attends un peu pour téléphoner à ma mère. Ça fait plaisir de l'entendre et elle a l'air très contente également! Je lui dis que tout va bien et je lui demande de prévenir les parents de Matthieu.




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Jour 10

Nous partons tôt aujourd'hui car notre objectif est de monter à Nido del Condores (5300m), pour faire un portage de nourriture. Nous passons tranquillement l'altitude du Mont Blanc (Ça y est, j'ai battu mon record!) mais j'ai oublié l'appareil photo au camp de base! Tant pis, on remontera de toutes façons! On arrive à un replat avec bonheur vers 5200m en pensant que Nido del Condores n'est pas loin! Déception, c'est camp Alaska. En fait, il reste 200m à monter dans une longue pente de pierrier, les boules! Là, ça devient dur parce que le sac pèse lourd et que la respiration est difficile. On croise John qui monte à toute vitesse et qui redescend à toute vitesse aussi. À Nido, Matthieu chope un gros mal de tête et une grosse envie de vomir; en plus je crois qu'il fait une petite hypoglycémie, il n'est vraiment pas bien. Moi, j'ai très mal à la tête et il fait froid, il y a beaucoup de vent! J'ai aussi la nausée. On mange rapidement une barre de céréales et on jette littéralement un des deux sacs remplis de tout ce qu'on avait monté entre deux pierres. On se dépêche de redescendre et on fait une vraie pause un peu plus bas, ça va déjà mieux! Le soir, Matthieu garde un gros mal de tête, moi, un peu moins; encore deux dolipranes pour tout le monde!




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Jour 11

Nouvelle journée de repos, Matthieu va mieux et on décide d'aller se payer un bon repas au refuge avant la grande montée en altitude et son cortège de lyophilisés! Au refuge, on mange une très bonne soupe, un steak purée et un drôle de dessert de fromage et pâte de fruits! Ça fait du bien! À table, on était avec Nic et John. On en profite pour faire mieux connaissance! Ils sont très sympas: John, grosse brute sportive, il a déjà fait un raid gauloise, et Nic, plus fin, a déjà fait un trek en chine à plus de 6000m! Encore des bons! Ils ont le même plan de montée que nous! Pendant ce temps, l’acclimatation de Bob va moins bien, il paraît que son taux de saturation en oxygène était à 73% le soir! Il est allé faire un sommet avec Julio et ses clients, le Cerro Cathedral. Nous, on préfère se reposer ou monter vers l'Aconcagua plutôt que de se fatiguer sur des sommets alentours. C'est une tactique comme une autre! On a des nouveaux voisins au camps de base: des Japonais et des Russes qui ont tous discuté très tard dans la nuit! Nous, on se lève demain bordel!




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Jour 12

Départ pour camp Canada, on se lève tôt mais pourtant il y a déjà du monde sur le chemin. Nous avons peur de ne plus avoir de place à Camp Canada (5000m) car il paraît qu'il y a un groupe de vingt personnes là-haut! En montant, je rencontre un des amis de Bob que je ne connaissais pas beaucoup et je lui fais part de nos craintes. Matthieu décide de monter plus vite pour arriver à temps pour prendre une place. Quand moi j'arrive, l'ami de Bob nous attendait et nous avait garder une place! D'autant plus sympa que ce n'était pas son chemin! Dingue non? Vive la solidarité montagnarde! On retrouve Harold qui a toujours un jour d'avance sur nous. Il nous demande une interview dans laquelle je dis que je suis déjà très contente d'être arrivée ici puisqu'en Europe, on ne peut pas dépasser 4800m et que c'est donc déjà un record pour moi même si je ne vais pas au sommet! Matthieu lui dit que les montagnes sont différentes et qu'il n'y a pas d'animaux ici dans ces montagnes andines! Tout ça en anglais dans le texte, bien sûr! L'après-midi, les nuages arrivent et il neige un peu, Matthieu est malade, il ne sort pas de la tente et a mal à la tête. C'est ça de vouloir jouer les kakous! Heureusement, John qui s'ennuyait avait préparé du thé et nous en a offert. Ça a requinquer Matthieu d'une manière incroyable! Nic nous a dit que leur bouteille d'essence qu'ils avaient monté précédemment, avait été ouverte et qu'il en manquait un peu; nous craignons pour notre sac à Nido et on demande à Harold de le prendre dans sa tente. Tous les gens sont supers gentils ici! Bob est resté au camp de base et il boit un truc à lui: de l'eau oxygénée! Inspecteur gadget a encore frappé. Dans la nuit, Matthieu ne dort pas parce que, quand il s'endort, il se réveille en sursaut avec "l’impression de mourir étouffé". Il décide, à minuit, de prendre un diamox. Je lui déconseille étant donné que le diamox est un diurétique. Ça n'a pas manqué, il a été obligé de se lever 3 fois pour sortir pisser et il n'a pas mieux dormi du coup! Pour moi, je suis de toute façon obligé de me lever une fois par nuit pour pisser aussi. On se couche tellement tôt que la soupe du soir ne passe pas la nuit, et ce, depuis Confluencia! C'est très pénible de se lever la nuit pour pisser car il faut sortir du duvet bien chaud, mettre ses vêtements humides et froid, sortir dans la nuit glaciale pour aller aux chiottes des gardes parc! Au-dessus de Plaza des Mulas, il n'y a plus de chiottes mais c'est encore pire parce que, pour les filles, il faut aller très loin pour ne pas être vu!




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Jour 13

Départ pour Nido del Condores. Normalement, il ne nous faut que 3h mais nous n'avons pas d'eau et il n'y a pas de neige à faire fondre sous la main. Il faut aller au ruisseau qui, bien entendu, est encore gelé car les températures sont vraiment fraîches et le soleil est voilé. On n'a donc presque plus d'eau pour faire le trajet! On essaie tant bien que mal de mettre un peu de neige et de glaçons dans le fond d'eau qu'il nous reste. Il va falloir se rationner! La montée à Nido se passe mieux que la première fois et nous ne sommes pas malades en arrivant. On se dépêche de monter la tente car il commence à neiger! Nic et John nous ont gardé un emplacement à coté de leur tente, puisqu'ils sont arrivés avant nous. On retrouve notre sac près de la tente de Harold qui nous l'a gentiment gardé. C'est fou, tout le monde est sympa ici! Maintenant, c'est la vraie tempête de neige, il fait froid et il y a beaucoup de vent! On passe l'après-midi à bouquiner dans la tente. John, qui est dehors nous déneige de temps en temps la tente. Pour manger ce soir, Matthieu sort de la tente pour faire bouillir de l'eau mais moi j'attends bien sagement au chaud à l'intérieur. On mange dedans. Matthieu c'est encore étouffé pendant la nuit; il respire très fort et, puis après, plus lentement et puis, plus du tout et puis, il reprend à respirer très fort et ainsi de suite.




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Jour 14

Aujourd'hui, on se lève et, comme tout les matins, il fait beau. John nous réveille avec du thé chaud qu'il vient de faire. Trop sympa! On l'a surnommé notre "ange gardien". Comme il fait -10°C dans la tente, l'eau de notre respiration qui se condense sur la tente gèle, ce qui nous occasionne des douches de givre quand on se lève ou que l'on veut sortir de la tente. Pas très agréable! Aujourd'hui, c'est une journée de repos à Nido (5400m). On en profite pour se balader et prendre un peu de photos. Le camps est tellement étendu qu'il faut aller très loin pour trouver un pipi room digne de ce nom! L'après-midi, on voit encore arriver de gros nuages qui immanquablement apportent une tempête de neige pour l'après-midi. En voulant nettoyer la neige de la tente, j'ai mouillé mes gants polaires. Ils ne sèchent pas, ils gèlent!




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Jour 15

On part pour camp Berlin (5800m). Je n'arrête pas de faire des records! Il fait grand beau temps mais il a beaucoup neigé et la trace faite hier n'est plus visible. On attend donc que quelques courageux montent devant. La montée est raide mais pas très longue, 3h! Les chinois montent en même temps que nous alors qu'ils sont arrivés 4 jours après nous. Ils sont fous! Ils montent trop vite, ils soufflent beaucoup et ont les lèvres toutes bleues. Ils rigolent moins maintenant! À Berlin, il y a des petites cabanes en bois et pas beaucoup de place pour camper. John et Nic, encore eux, nous ont gardé une place à côté de leur tente. On a juste le temps de monter notre tente qu'il se remet à neiger. C'est toujours pareil depuis 3 jours: beau le matin, tempête de neige l'après-midi. L'avantage de la tempête et du brouillard, c'est que je vais moins loin pour trouver un pipi room. À toute chose malheur est bon! Pour demain, on fait fondre de la neige pour se préparer des gourdes pleines. Il fait tellement froid que l'eau gèle dans les gourdes et qu'on n'arrive plus à les fermer. On essaie de manger notre repas du soir mais c'est difficile, on n'a pas vraiment faim et il faut manger la bouche ouverte pour pouvoir respirer en même temps. C'est impressionnant! Matthieu a les lèvres toutes bleues et nos ongles sont également très bleus. En tant que médecin ça m'inquiète un peu quand même. On doit donc tenter le sommet demain. On se couche tôt et on décide de mettre le réveil pour 5h. Il faudra environ 9h pour monter mais Matthieu ne veut pas partir plus tôt car il veut attendre que le soleil se lève pour nous réchauffer un peu.




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Jour 16

La nuit fut longue et froide. Nous avons entendu des gens partir à 3h du matin. Vers 5h, ces gens sont revenus et Nic qui était debout nous a dit qu'il était inutile de se lever parce que ces personnes avaient eu trop froid aux pieds et que la trace n'était pas faite parce qu'il y avait trop de neige! Matthieu décide donc d'attendre. Vers 6h30, je me réveille et demande à Matthieu si on ne vas pas se lever pour partir. Il me répond qu'il faut attendre le lever du soleil. Pour finir, on se lève à 8h et on se rend bien compte que c'est beaucoup trop tard pour partir maintenant. Il fait très froid et il y a beaucoup de vent sur le sommet. Nic et John sont en train de chausser leurs crampons et de finir de remplir leurs gourdes pour tenter le sommet. Nous n'avons pas assez d'eau ni assez de temps pour tenter l'ascension, le sommet nous échappe. Nous n'avons pas pris assez de nourriture pour rester encore un jour à Berlin et Matthieu veux redescendre en chercher à Nido del Condore où il nous reste quelques lyophilisés. Moi, je ne suis pas plus motivée que ça. Je vois revenir un groupe de trois personnes et je me décide à leur parler. Ils sont beaucoup mieux équipés que nous et ils sont redescendus car ils ont eu trop froid aux mains. Moi mes gants polaires sont toujours gelés et je n'ai que les petits gants de soie que m'a offert ma soeur pour noël. Je rediscute avec Matthieu en mettant en avant tous les arguments pour lequel je pense que le sommet n'est pas jouable ni aujourd'hui ni les jours prochains. Heureusement, j'ai un chéri qui n'est pas borné et qui a tenu sa parole de m'écouter et de redescendre quand je le lui demanderais. On décide donc que tout est fini en regardant le sommet qui est si proche et si lointain en même temps. On a un sentiment de frustration intense. On n'a même pas essayé! On n'a même pas mal aux jambes! On ne s'est pas battu! Tant pis, c'est plus raisonnable. Je pense à tous les gens qui s'inquiètent pour nous et ça me conforte dans ma décision. On déjeune, on pli la tente (les piquets sont collés entre eux par le froid) et on redescend pour Nido. On s'arrête à Nido pour manger et refaire le plein des gourdes (il y a une petite source) et on continue la descente. Matthieu a pris le sac à dos que nous avions laissé et qui nous avait servi pour le premier portage. Il a l'air d'un golgoth 27 avec ses deux sacs sur le dos! Pendant la descente, il recommence à neiger très fort et on entend même le tonnerre! Heureusement qu'on est descendu! Ouf! On voit arriver le camp de base où nous attend la tente.




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Jour 17

Aujourd'hui, on décide de prendre une journée de repos. On en profite pour retourner au refuge pour se payer un nouveau repas digne de ce nom. On ne résiste pas à l'envie de téléphoner en France. Cette fois on téléphone à la famille de Matthieu. On tombe sur Henri qui nous félicite alors qu'on vient de lui dire que nous avons échoué! Il n'a pas compris? En fait, il est très content, je crois, de nous savoir tiré d'affaire. Au cours du repas on fait la connaissance d'un mexicain qui, lui aussi, a abandonné son groupe pour redescendre. C'est dur pour Matthieu de voir tout ces tee-shirts pendus au plafond sur lesquels il y a écrit tous les noms des gens qui ont réussi le sommet. Il s'en veut beaucoup d'avoir abandonné si vite. En discutant avec les gens on arrive à se convaincre que le sommet était impossible de toutes façons. On rentre au camp où on prépare les sacs pour donner aux mules pour redescendre demain.




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Jour 18

On se lève tôt car on craint de se payer une averse de neige sur la longue descente qui nous attend. Ça se passe mieux qu'à l'aller pour traverser les rivières puisque j'ai garder mes coques et que je ne crains donc plus l'eau! On décide de ne pas redescendre en une fois mais de faire une pause à Confluencia. Train-train habituel d'installation de la tente et de préparation des lyophilisés!




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Jour 19

Descente tranquille jusqu'à l'entrée du parc où on fait appeler Mario pour qu'il vienne nous chercher. Après avoir payé ses services (670 dollars) on décide de prendre une chambre dans le seul hôtel de Puente del Inca. UNE DOUCHE!!! Qu'est ce que ça fait du bien! Le plus agréable c'est de se laver les cheveux. Au dîner, on retrouve des anglais qui étaient avec nous à Nido del Condores. Ils sont restés quatre jours pour rien dans la tempête et confirment qu'il y a de la neige jusqu'à la taille et qu'il est impossible de faire le sommet! Ouf, on ne regrette rien!




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Jour 20

On a décidé d'aller faire un tour du coté de Santiago du Chili, puisque nous sommes tout proche de la frontière. On se lève pour aller déjeuner et on tombe nez à nez avec Harold qui était dans la chambre d'en face. Il est redescendu lui aussi car il a attrapé une bronchite et qu'il y a trop de neige. Il va être obligé de redescendre à Mendoza pour se soigner et repayer un permis pour revenir faire son 6ème sommet. Il est obligé, le pauvre! Après le petit déjeuner on va à pied à la frontière avec nos quatre sacs. On trouve un bus qui peut nous prendre pour Santiago. Le passage de la frontière chilienne est épique et on comprend un peu ce qu'a pu être la dictature. Ce soir, nous dormons donc dans un petit hôtel à Santiago.




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Jour 21

Visite de Santiago du Chili, donc, avec sa colline Sainte-Lucie et sa colline San Cristobald. On a énormément marché dans la ville et c'est peut-être une des plus longues étapes de cette expédition! On en profite pour se connecter à Internet et envoyer des nouvelles en France. On déniche un magnifique restaurant qui nous fait oublier tout les lyophilisés qu'on a pu manger jusqu'à maintenant! Ça fait vraiment du bien la bonne bouffe!




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Jour 22

Retour à Mendoza par un petit bus de la compagnie Coitram. En cours de route, le chauffeur aperçoit un autre bus de la même compagnie et se gare sur le bord pour lui parler. On s'aperçoit avec stupeur que Bob est dans le minibus Coitram qui vient en sens inverse! La coïncidence est énorme sur ces 250km de route! On en profite pour se donner rapidement quelques nouvelles. Il a pu monter jusqu'à Berlin aussi et nous dit qu'Harold est à l'hôpital à Mendoza. On décide qu'on essayera de passer le voir. En Argentine le peso est maintenant dévalué et nous pouvons nous loger dans un hôtel trois étoiles, nous qui sommes tous sales! Glande à Mendoza, écriture des cartes postales et achat de souvenirs. On a voulu aller voir à l'hôpital si Harold était la mais en allant en terrasse de café pour manger un bout, on tombe sur Harold en charmante compagnie et pas si malade que ça! Encore une énorme coïncidence puisque la ville fait quand même 700 000 habitants! On décide d'aller se balader dans le parc San Martin et de monter sur une petite colline pour aller voir la Cerro Gloria, un monument à la gloire du libérateur San Martin. Coup de soleil au programme! On bulle toujours.




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Jour 23

Retour à Buenos Aires, hôtel trois étoiles; on s'habitue bien au luxe. Visite de Buenos Aires, il y a une rue qui ressemble à montmartre où les maisons sont toutes peintes de couleurs vives. Pour y aller on a traversé des quartiers vraiment glauques. Au retour, on est passé par la Place de Mai où il y avait des manifestants mais c'était à l'heure de la sieste et il faisait très chaud (36°C) donc ce n'était pas très agité.




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Jour 24

Retour par Alitalia sur Rome. À Rome, notre correspondance pour Milan est retardée à cause du brouillard. Pour finir, on embarque mais nous irons à Bergame. Et oh surprise, en cours de route le commandant nous annonce qu'on atterri quand même à Milan! L’atterrissage a été impressionnant: on a aperçu la piste au moment où on s'est posé! La visibilité ne devait pas dépasser 10-15m! La correspondance est bien entendue annulée elle aussi, nous devons donc récupérer nos bagages et attendre un prochain vol. Vers 12h, on perd tout espoir de pouvoir décoller pour Lyon. On prend donc le bus qui nous amène à la gare central. Le train pour Lyon partait au moment où on est arrivé! On attend donc quatre heures pour le train suivant. On arrive à Grenoble à 21h complètement explosé de nos 36h quasi non stop! Ça y est, c'est la fin de l'aventure...




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